La nausée abonde

Quand ouvrir mon Facebook devient un supplice. Parce que je flippe à chaque fois de ce que je vais y lire. Parce que plus personne ne se retient et que ces putains de décomplexés commencent à me filer une sacrée envie de me barrer. Ou de leur carrer des briques dans le pif. J’ai de grosses envies de violences et de leur balancer leur bêtise dans la tronche mais je me mords très fort la joue parce que tu-comprends-ça-se-fait-pas-pis-c’est-des-amis-de-la-famille-alors-que-va-penser-Tata-Georgette. Je l’encule moi Tata Georgette. J’encule son connard de mari qui trouve que « quand même cette marine elle dit pas que des conneries ». J’emmerde sa fille qui trouve que les Français sont des branleurs et des assistés. J’emmerde son frère qui publie pour la millième fois cette putain de feuille comparative d’un « bon travailleur français » et d’un « profiteur de chômeur étranger au RSA qui se paye un écran plasma avec ses allocs ». J’emmerde le beau-frère abruti qui trouve que l’expulsion d’une ado est bien méritée parce que quand même elle découchait et EN PLUS elle faisait péter les cours, mais IMAGINE TOI. J’emmerde les tontons, les fils du boulanger, les belles-soeurs du garagiste et les nièces par alliance.

Si notre pays va si mal, c’est à cause de vous. Vous qui faites circuler la haine. Vous qui banalisez la violence. Vous qui portez en héros un meurtrier. Vous qui bafouez les religions qui ne vous ressemblent pas. Vous qui mine de rien adhérez à des pages frontistes, à peine planquées derrière des illustrations graveleuses et lourdingues. Vous attisez la haine et le mépris. Vous apprenez à vos enfants à faire des différences, à envier, à se méfier, à ne pas se rapprocher. Vous criez à l’injustice alors que vous en êtes à la base. Vous êtes l’allumette au-dessus du bidon d’essence. Vous utilisez facebook pour répandre votre crasse. Vous essayez même pas de vérifier vos infos avant, comme généralement vous vous relisez pas non plus. Mé cé pa grave hein LOL. On va quand même pas perdre du temps à vérifier qu’on est pas en train de passer pour un gros con à relayer des hoaxs. Bande de bouffons. La bêtise et l’ignorance circulent tellement plus facilement.

Je vous méprise et pourtant vous me faites peur. Oui je l’avoue, vous me faites peur. Parce que sous couvert de votre colère, et vous avez le droit d’être en colère, sous couvert de votre colère vous banalisez des idées dangereuses. Des idées qui pourraient nous mener tous à la ruine. Oui vous avez le droit d’être en colère. De vous inquiéter pour votre retraite, pour vos impôts qui augmentent, pour vos enfants qui risquent de ne pas trouver de travail, pour le coût de la vie, de plus en plus élevé. Bien sur que vous avez le droit d’être en colère. Mais prenez garde à ne pas vous tromper de combat. Ne vous trompez pas d’ennemi. L’ « autre » n’est pas votre ennemi. L’ « autre » est comme vous. Et vous pourriez vous aussi très vite devenir l’ « autre » de quelqu’un. Le combat, ce n’est pas contre ceux qui ont plus ou moins que vous. Le combat il doit être pour vous, pour la communauté, pour l’avenir, pour nos enfants. La différence majeure entre nos combats d’aujourd’hui et ceux d’hier ? Aujourd’hui on ne se bat plus que « contre ». On critique ce qu’on nous propose, mais on ne propose pas nous même. C’est un peu facile. C’est tellement plus facile de colporter la haine que de faire l’effort de s’entendre.

Aujourd’hui, lasse et un peu désabusée, j’ai passé quelques uns de mes contacts de « amis » à « connaissance ». Parce que non, je ne peux pas être amie avec vous. Je ne peux pas vous supprimer, simplement, parce que Tata Georgette et parce que la nièce par alliance. Ça fait chier, mais c’est comme ça. Alors je n’interviens plus sur vos erreurs et vos relais nauséabonds, mais je relaierai certainement moi-même de plus en plus souvent de « pour ».

Vous êtes gavés de la gaucho de service ? Préparez-vous. Parce que ça va être pire.

resistance

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Sweet Amanite

1996. Je suis allongée sur ce canapé usé. Un de ces vieux canapés moches et qui grattent. Je fais l’amour. Il s’appelle Guillaume et il est tout pour moi. Moi, je ne suis pas grand chose. Mais il est là et il veut de moi. Il est beau. On écoute Thiéfaine. Sweet Amanite berce nos va-et-vient. La musique me transcende et cet air me chavire plus que ce qui est en train de se jouer sur ce canapé. Il ne m’aime pas je le sais. Mais je suis là. Et je suis bien, malgré tout. Il sent bon et j’aime sa peau. On allume une clope et Thiéfaine chante toujours. On se rhabille, je ne sais plus trop comment, et on retourne à la fête où tout le monde nous regarde comme ils nous avaient regardés partir, et avec un « alors ? » dans les yeux. Ils peuvent me juger moi j’men fous. C’est avec moi qu’il était. Même si la veille, et le lendemain, peut-être même la nuit prochaine, ça sera avec une autre.

2006. Debout sous la pluie. Il tombe des cordes et je suis trempée. Les pieds dans la boue, je protège comme je peux la cigarette que je suis en train de fumer. Je souris comme une conne. Je suis trempée jusqu’au fond de ma culotte mais je m’en tape. Y’a plus rien d’autre autour. J’oublie les gens, les spectateurs, tous ceux qui comme moi sont debout sous la pluie, le bruit des autres concerts, les musiciens sur la scène. Je suis là, debout, et devant moi Thiéfaine chante Sweet Amanite. Je ferme les yeux et je me balance. Putain je suis bien. Les yeux fermés je repars sur ce canapé usé et mes premières amours. Thiéfaine me berce et je voudrais que ça s’arrête jamais.

2013. L’homme de ma vie est au travail. Ma fille est chez ses grand-parents pour la journée, mon fils joue dans la salle de jeux. Je suis seule pour la première fois depuis longtemps. Je bois lentement un café brûlant. Je ne fume plus depuis 2 ans mais là, j’en allumerai bien une. A la table de la salle à manger, je ferme les yeux et tire sur une clope imaginaire. Sweet Amanite. J’avais pas écouté Thiéfaine depuis des lustres. Et puis il y a peu une discussion sur Facebook avec Emma. Je me jette sur mon téléphone et télécharge tout ce que je trouve. Oui, ce matin, c’est un moment comme ça. Je mets la musique très fort et une fois de plus ça me transporte. Le canapé limé, Guillaume, le type absolument banal qu’il est devenu, les pieds dans la boue à ce concert où j’étais allée seule. Et puis M., mon amie, ma soeur, celle avec qui je partageais tout ça. On fumait des clopes en buvant des galopins, on allait au bal, on se faisait brancher dans les champs de maïs, on allait à des concerts, les pieds dans la boue.

Ya eu pas mal de crade, de misère et d’emmerdes, mais putain, malgré tout, pour rien au monde j’échangerais ma jeunesse.

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Le réveil

Il y a des prises de conscience plus brutales que d’autres. Il y a ces moments, où on semble se réveiller, comme après un drôle de rêve qui aurait duré des mois. Après un sommeil trop profond, après une cuite ou un excès de somnifères.
On ouvre un oeil, doucement, on se sent complètement dans le brouillard, tout engourdi et étourdi, et finalement ravi que tout cela n’ait été qu’un rêve.

Depuis quelques temps je me sens par moments un peu comme ça. J’ai l’impression d’avoir fait des choses qui ne me ressemblaient pas. Et pourtant c’est bien moi qui les ai faites. Je crois que mon besoin quasi pathologique d’être appréciée a eu raison de mon libre arbitre. Quand on est en besoin, en demande, on est vulnérable. Je ne minimise ni mes actes ni mes responsabilités, je réalise que j’ai été docile, soumise.

Et je demande pardon.

A ceux que j’ai blessé, que j’ai raillé, que j’ai attaqué.
J’ai fait du mal et je m’en rends compte. J’assume ce que j’ai fait et dit, c’était malgré tout bien moi qui parlait.
Je réalise que j’ai été injuste et je vous présente mes excuses.

Je pense à Gwen, à Susa, à Emma et à Cass. Il y en a d’autres encore sûrement, je suis là pour en parler si elles le souhaitent.

Un article certainement peu compréhensible pour beaucoup, mais qui je l’espère sera lu par d’autres.

Je ne vous demande pas de me pardonner, je veux juste que vous sachiez que je suis désolée.

La page est tournée, un nouveau jour commence et il fait beau.

Bonne journée :)

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Sophie

Ma fille joue dans un coin du salon. Elle s’amuse à sortir tous les papiers d’un casier de la bibliothèque. Je m’apprête à les ranger et en profite pour y jeter un oeil. C’est à mon homme. Des partitions, des livres de cuisine. Au milieu je trouve une demie feuille à petits carreaux pliée en deux. Je l’ouvre et lis quelques mots écrits au stylo bleu par une main visiblement jeune. Des mots d’amour d’une ancienne amoureuse. Il y a son nom et son adresse, et un petit texte. Elle l’aime et il lui manque.

Mon coeur ne se serre pas. Je ne suis pas en colère, je ne suis pas jalouse. Je suis attendrie. Emue. Si ça se trouve il ne se souvient même pas qu’il a toujours ce petit mot. Il a du être amoureux lui aussi pour conserver précieusement cette petite feuille pliée au cours de ces années.

Je suis alors submergée par un sentiment d’amour fou. Je vois le visage de mon amoureux, son sourire, ses yeux. Je me sens tout à coup toute emplie de lui. Je l’aime. Passionnément. Je prends mon téléphone et lui envoie des mots d’amour. Je viens de réaliser que je ne suis pas jalouse de son passé, de ses anciennes amantes, je l’aime lui pour ce qu’il est aujourd’hui, certainement grâce à elles. Je l’aime comme personne, comme jamais. Je ne veux plus que lui pour toujours et je ne me vois que dans ces bras.

Je ne t’ai jamais dit ici à quel point je t’aime. J’ai parlé de certains, d’avant, un peu de toi aussi, mais jamais à toi.

J’aime ce que nous sommes, la famille qu’on bâtit, l’amour entre nous. J’aime notre quotidien et notre routine. J’aime étendre tes chemises et dormir dans tes bras. J’aime que tu me manques.

J’ai replié le petit mot, je l’ai remis à sa place.

Je sais ce qu’il a signifié, ce qu’il signifie pour toi aujourd’hui. Peut-être plus rien, peut-être un souvenir plein de tendresse.

Je le remets à sa place et je te laisse ton passé.

Peut-être qu’un jour, je la rencontrerai.

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Le temps ne fait rien à l’affaire

Et pourquoi on pourrait pas tout simplement profiter chacun de sa vie sans regarder tout le temps ce qu’il se passe dans la culotte du voisin ? Je comprend vraiment pas du tout ce besoin d’attaquer des gens, des groupes, au motif qu’ils font pas les choses comme nous, ou même qu’ils nous jugent, à partir du moment où de toutes façons c’est pas fait dans un esprit d’échange ou de partage mais simplement de pourrissage en bonne et due forme de celui d’en face.

Je parle de plein de trucs. De mon enculé de voisin qui se lève le matin en se demandant ce qu’il va bien pouvoir faire aujourd’hui pour nous pourrir la vie, plutôt que de simplement profiter d’une journée avec sa femme et sa fille. Mais aussi de ces groupes, qui s’entre balancent des horreurs à la gueule juste pour faire fermer leur bouche aux autres, évidemment sans aucun succès. Putain les mamans sans déconner arrêtez donc de vous prendre la tête pour des conneries !? Vous avez pas autre chose de mieux à foutre que de vous demander si c’est mieux de porter son môme en écharpe, en babysquetuveux ou avec une vielle nappe ? Mais bordel, ça intéresse qui de savoir qu’une meuf qu’on connait pas ose penser que les mères qui allaitent leurs enfants sont des vaches à lait ?! Sérieusement, ça change quoi à votre quotidien ? Est-ce que ça serait pas super plus simple de juste admettre que certains font pareil, d’autres complètement différemment, et que au fond, on s’en bat un peu l’oeil de savoir ce qu’il se passe chez Madame Duchmol ? Que si Madame Grossetruie pense que vous êtes malsaine avec votre enfant au sein à 18 mois, ou que Madame Unavissurtout pense que vous êtes franchement pas investie pour donner du lait artificiel au petit dernier, en quoi LEUR avis est plus important que le votre ? Si vous assumez vos choix, alors foutez vous en !

On perd un temps pas croyable en fait. Et une énergie dingue. Peut-être que je devient vieille, ou blasée, ou juste conne j’en sais rien, mais je trouve ça hyper dommage. J’ai commencé à péter des câbles à cause de mon trou du cul de voisin. A chercher à me venger, à le faire chier. Mais finalement, me venger de quoi ? Ya pas de vengeance à chercher, y’a pas d’honneur à défendre, d’affront à laver. Y’a juste à se poser une seconde et réaliser à quel point c’est triste en fait. Faut pas être sérieusement super malheureux dans sa vie pour avoir que ça à foutre ? Je parle pas de dire du mal gentiment du voisin, d’une nana croisée en boite la veille ou de la boulangère qui a une petite mine en ce moment. Mais de passer tout son putain de temps à rabâcher, relire, repenser, élaborer des plans et farfouiller dans la vie des gens.

Lâchez du lest. Arrêtez de vous sentir agressés par n’importe quel trouduc qui vous jugera pas assez bien pour lui. On les encule. Untel vous pourrit, juge votre façon de faire avec vos gamins, votre mec ou votre belle-mère ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre ?! La vie, la vraie, elle est pas là. Elle est pas dans le jugement, dans la haine ou dans la rancoeur. Elle est dans le fait de prendre un diabolo fraise en terrasse, de se dire que la clim c’est quand même une super chouette invention, de décider sur un coup de tête de se teindre en blonde, de rouler une grosse pelle à son homme en pleine rue et de rire des regards jaloux.

Ma vie mon gars, elle est pas dans le fait de chercher une quelconque vengeance à ta connerie. Continue de siffloter « tiens voilà du boudin » quand tu me croises, je m’en bats la rate. Ça me fait rire tellement c’est triste. Parce que pendant que tu essaies de te souvenir de l’air, moi je suis tranquillement en train de profiter des premiers pas de ma fille.

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Loris

Mon fils est un enfant discret. Timide, réservé, en retrait. Devant un groupe, il observe, il repère. Et puis il commence à remuer, signe qu’il aimerait bien rejoindre les autres. Il y va rarement, et quand il y va, le groupe soudé le rejette parfois. Difficile de s’intégrer quand on est autant dans la réserve, qu’on a grandi seul, sans frère ni soeur, sans la compagnie des autres enfants. La première année de maternelle a été compliquée. Il était souvent seul, n’était jamais invité aux anniversaires, n’avait pas d’amis. A l’entrée en deuxième année j’ai vu beaucoup d’espoir de sociabilisation en découvrant la nouvelle instit, très maternelle, très à l’écoute. Elle a pris le temps pour mon bonhomme et a refusé de le laisser de côté.

Et une chose nouvelle est arrivée, un jour du tout début de l’année. Il est rentré de l’école et m’a parlé de Loris. Loris par ci Loris par là, je ne l’avais jamais vu aussi enthousiaste à propos d’un copain. J’ai eu un peu peur que le fameux Loris soit une fois de plus la terreur de la classe, le meneur qui le traînerait dans sa cour. Et puis au bout de quelques jours alors que j’allais le chercher, je l’entends « Salut Loris ! » et en retour un « Salut S. ! ». A ce moment j’ai dit « ah ben voilà le fameux Loris ! » exactement en même temps que sa maman qui disait « ah ben voilà le fameux S. ! »

Grand, très souriant, incroyablement poli, voilà donc Loris, l’ami de mon garçon. Son premier et unique ami.

De jour en jour on fait connaissance. Loris est adorable, s’exprime de façon assez étrange lorsqu’il cherche ses mots en tapotant ses doigts et en regardant ailleurs, mais toujours avec une très belle diction, et surtout beaucoup de gentillesse. Il est drôle. Parfois d’un coup il s’enflamme, et sa mère doit le calmer pour qu’il ne s’excite pas trop violemment.

Il est dans la section des grands, il a donc presque 2 ans de plus que mon fils. Au fil du temps j’apprends qu’il est accompagné d’une AVS en classe. Je ne sais pas pourquoi et je ne cherche de toutes façons pas à savoir.

Un jour on décide d’aller au parc tous ensemble, les 2 garçons, les petits frères et soeurs et les mamans. Avant la sortie, Elizabeth, la maman de Loris me prend à l’écart et semble hésitante. Elle me dit « oui, euh.. écoute il fallait que je te prévienne, mais euh…. Loris, comment dire…. Loris est autiste en fait. Voilà, on savait pas trop comment vous le dire, mais voilà. »

Bon là j’ai failli lui répondre « oui. et ? » mais je sais plus trop ce que j’ai bredouillé. Evidemment que pour nous ça changeait rien. Ce qui m’a frappée en revanche, c’est que je me suis dit que pour me dire ça de cette façon, elle avait déjà du en voir et en entendre de toutes les couleurs. Dans ce simple et court échange sur le trouble de Loris, il y avait toutes les difficultés qu’ils avaient du traverser. Dans ces simples mots j’ai ressenti les portes fermées, les amis perdus, les silences, le long parcours médico-psy. Peut-être n’y avait-il absolument rien de tout ça, peut-être que je me fais un super grand film, mais sa retenue m’a vraiment retournée.

Aujourd’hui c’est la fin de l’année et dans un mois on déménage. Mon garçon change d’école, et je le prépare depuis plusieurs semaines au fait qu’il ne verra plus Loris aussi souvent. Je sais que pour Elizabeth c’est également très dur, qu’elle a peur pour son petit. Pour la première fois de sa vie, à 6 ans, il a eu un ami. Mon fils quand il parle de lui dit toujours « depuis le premier jour on est devenus copains ! ». On s’est dit qu’on garderait contact et j’espère vraiment qu’on pourra. Après, on sait tous ce que c’est, la vie qui fait que, le travail, la maison…

Avant de retourner à l’école je trie quelques photos de la dernière sortie scolaire. Je garde de bons souvenirs de la maternelle, même encore aujourd’hui. Et je me dis que mon garçon sera sûrement aussi ému que moi en repensant à cette période, une fois devenu grand. Il regardera ces vieilles photos et se souviendra de Loris, son meilleur copain depuis le premier jour.

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Ôde au petit homme

Petit homme sans cheveux de l’appart à côté

que tu dois être triste ! que ta vie semble morte !

Tu passes tout ton temps à saccager le nôtre

dans l’espoir sans doute d’éclairer tes journées.

 

Petit homme sans cheveux, qui, tel le roquet,

crie plus fort qu’il ne mord et gonfle la poitrine

mais court se cacher, dès lors qu’il s’imagine

que derrière sa porte je puisse être cachée.

 

Petit homme sans cheveux, et, manifestement,

sans testicules non plus, au vu de la bravoure

dont tu fais preuve alors qu’il est à l’ordre du jour

de régler nos querelles plus intelligemment.

 

Petit homme sans cheveux, malgré tout je te souhaite

de trouver le repos, la sagesse ou la paix.

Vivre dans la rancoeur, l’aigreur, la méchanceté,

ne te mènera nulle part, tu y perdras la tête !

 

Oh ça tu vivras vieux, c’est sûr, c’est un fait,

la méchanceté conserve, mamie est morte centenaire

mais seule, petit homme, seule dans sa colère.

Epargne toi du mal, souris, sors, fais la fête !

 

Petit homme sans cheveux de l’appart à côté

au moins tu nous fais rire et nous conforte bien

dans l’image que nous avons du quotidien

où chaque jour est cadeau, chaque parole est bonté.

 

Petit homme sans cheveux assieds toi, fume un joint !

Ouvre un peu ton esprit ! Profite du beau temps !

Peut-être bien qu’alors tu trouveras le temps

de contempler le monde avant d’être trop loin.

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