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21h56

Je dois tourner la page. Avancer. Celle qui m’a rendue vivante vient de m’enterrer ce soir. Je me ressers un verre de vin. Le troisième je crois. Oui, je sais, je devrais pas. J’emmerde les « tu devrais pas ». J’emmerde les convenances et les bonnes manières. Ce soir je suis toute seule. On était trois et je suis toute seule. Mon frère nous a tourné le dos il y a 3 ans. Aujourd’hui c’est ma soeur. Y’a plus que moi. Plus que moi et mon père. Ils sont partis. Ils en ont choisi d’autre.
Mon frère, on était pas proches de toutes façons. On s’est jamais compris, jamais entendu. Ma soeur par contre, c’est autre chose. Ma Nine. Ma toute belle.

Ma toute petite.
Quand elle est née, j’avais 15 ans.en pleine crise d’ado dans une famille déchirée, avec une belle mère horrible alcoolique et dépressive. Et tellement pleine de haine. J’étais le diable. J’étais le mal. Et ma mère une salope. C’est ce que j’entendais tous les soirs quand mon père était absent. Trop occupé à gagner la thune qui la ferait partir en voyage ou acheter des manteaux de fourrure. J’ai eu envie de mourir.

Et puis il y a eu elle. Ma soeur, ma toute petite. Ma toute belle. J’ai toujours pensé qu’elle m’avait sauvé la vie. J’ai fait du mieux que j’ai pu pendant 20 ans. Je me suis occupée d’eux, de leurs relations, de faire le lien, d’arrondir les angles.

Mais ce soir elle a choisi. Elle a quitté notre père et elle a choisi sa mère. A son tour, elle nous a tourné le dos.

Alors ce troisième verre je le prends si je veux. Je le finis si je veux et je me ressers si je veux. Vous pouvez me juger, ce soir je vous encule. Ce soir le monde s’écroule. Ce soir la vie s’écoule. Loin. Ce soir, c’est tout mon être qui s’assèche. Ce soir je ne suis plus rien. Une ombre. Un murmure. Un presque rien.

Ce soir je suis toute seule. J’ai mal à en crever.

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La nausée abonde

Quand ouvrir mon Facebook devient un supplice. Parce que je flippe à chaque fois de ce que je vais y lire. Parce que plus personne ne se retient et que ces putains de décomplexés commencent à me filer une sacrée envie de me barrer. Ou de leur carrer des briques dans le pif. J’ai de grosses envies de violences et de leur balancer leur bêtise dans la tronche mais je me mords très fort la joue parce que tu-comprends-ça-se-fait-pas-pis-c’est-des-amis-de-la-famille-alors-que-va-penser-Tata-Georgette. Je l’encule moi Tata Georgette. J’encule son connard de mari qui trouve que « quand même cette marine elle dit pas que des conneries ». J’emmerde sa fille qui trouve que les Français sont des branleurs et des assistés. J’emmerde son frère qui publie pour la millième fois cette putain de feuille comparative d’un « bon travailleur français » et d’un « profiteur de chômeur étranger au RSA qui se paye un écran plasma avec ses allocs ». J’emmerde le beau-frère abruti qui trouve que l’expulsion d’une ado est bien méritée parce que quand même elle découchait et EN PLUS elle faisait péter les cours, mais IMAGINE TOI. J’emmerde les tontons, les fils du boulanger, les belles-soeurs du garagiste et les nièces par alliance.

Si notre pays va si mal, c’est à cause de vous. Vous qui faites circuler la haine. Vous qui banalisez la violence. Vous qui portez en héros un meurtrier. Vous qui bafouez les religions qui ne vous ressemblent pas. Vous qui mine de rien adhérez à des pages frontistes, à peine planquées derrière des illustrations graveleuses et lourdingues. Vous attisez la haine et le mépris. Vous apprenez à vos enfants à faire des différences, à envier, à se méfier, à ne pas se rapprocher. Vous criez à l’injustice alors que vous en êtes à la base. Vous êtes l’allumette au-dessus du bidon d’essence. Vous utilisez facebook pour répandre votre crasse. Vous essayez même pas de vérifier vos infos avant, comme généralement vous vous relisez pas non plus. Mé cé pa grave hein LOL. On va quand même pas perdre du temps à vérifier qu’on est pas en train de passer pour un gros con à relayer des hoaxs. Bande de bouffons. La bêtise et l’ignorance circulent tellement plus facilement.

Je vous méprise et pourtant vous me faites peur. Oui je l’avoue, vous me faites peur. Parce que sous couvert de votre colère, et vous avez le droit d’être en colère, sous couvert de votre colère vous banalisez des idées dangereuses. Des idées qui pourraient nous mener tous à la ruine. Oui vous avez le droit d’être en colère. De vous inquiéter pour votre retraite, pour vos impôts qui augmentent, pour vos enfants qui risquent de ne pas trouver de travail, pour le coût de la vie, de plus en plus élevé. Bien sur que vous avez le droit d’être en colère. Mais prenez garde à ne pas vous tromper de combat. Ne vous trompez pas d’ennemi. L’ « autre » n’est pas votre ennemi. L’ « autre » est comme vous. Et vous pourriez vous aussi très vite devenir l’ « autre » de quelqu’un. Le combat, ce n’est pas contre ceux qui ont plus ou moins que vous. Le combat il doit être pour vous, pour la communauté, pour l’avenir, pour nos enfants. La différence majeure entre nos combats d’aujourd’hui et ceux d’hier ? Aujourd’hui on ne se bat plus que « contre ». On critique ce qu’on nous propose, mais on ne propose pas nous même. C’est un peu facile. C’est tellement plus facile de colporter la haine que de faire l’effort de s’entendre.

Aujourd’hui, lasse et un peu désabusée, j’ai passé quelques uns de mes contacts de « amis » à « connaissance ». Parce que non, je ne peux pas être amie avec vous. Je ne peux pas vous supprimer, simplement, parce que Tata Georgette et parce que la nièce par alliance. Ça fait chier, mais c’est comme ça. Alors je n’interviens plus sur vos erreurs et vos relais nauséabonds, mais je relaierai certainement moi-même de plus en plus souvent de « pour ».

Vous êtes gavés de la gaucho de service ? Préparez-vous. Parce que ça va être pire.

resistance

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DIDM #5 Janvier

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Se réveiller dans un frisson. Il est tôt. Il fait froid. Ce froid qui n’existe qu’aux premières heures du matin. Ce courant d’air qui balaye la veille et prépare le jour nouveau.
S’étirer. Se baigner dans les draps frais. Se couvrir un peu et puis poser ses pieds dans le sol de janvier. Sentir les feuilles gelées craquer.
Il est encore tôt.

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Une seconde trop tard

J’étais fatiguée. La grossesse m’épuise, me pompe de l’énergie de tous les côtés. Je dors peu, pas souvent, le bébé remue énormément et me fatigue beaucoup. Le diabète me laisse sur les rotules après 2 pas, l’anémie fini d’achever le travail.

La journée est longue. J’essaie de m’allonger, de dormir. Rien à faire. Alors j’écris ou en tout cas j’essaie. Je n’allume plus la télé. La journée se passe. Je vais chercher le Petit. Hier j’ai eu envie de me faire un peu plaisir. Je sais que ça me fatigue beaucoup mais j’ai aussi besoin de sortir du cercle. J’ai récupéré mon Précieux et on est allés au magasin de jouet, choisir un cadeau pour l’anniversaire de son copain samedi. Mon Amoureux était là, il a fini tôt. On était tous les trois, on était bien.

En sortant j’ai voulu prolonger ce moment. Il faisait beau et chaud. J’étais éreintée, mais on a continué quand même. Se garer un peu loin parce qu’à 17h30 c’est la misère, marcher quelques centaines de mètres, rejoindre la terrasse où on prendrait un Coca, un Orangina et un demi. Ça me manque parfois le demi en terrasse. On reste un peu là tous les trois. Et puis je regarde l’heure et le temps nous rattrape. Il est l’heure de rentrer. Préparer le dîner, donner la douche, mettre le pyjama, préparer les affaires. Vite se dépêcher pour se coucher à une heure raisonnable.

J’arrive à la maison épuisée. Le Petit est content. Il a eu une journée un peu longue alors il est fatigué aussi, et surexcité. Il court, il parle fort, il sautille, il est distrait. Ça me fatigue profondément. Je prends sur moi, je lui demande de se calmer. Une fois, deux fois, trois fois.

J’arrive finalement à le déshabiller après avoir tergiversé de longues minutes. Il bouge énormément, saute toujours de partout, manque de tomber. Plusieurs fois son pied passe tout près de mon ventre. J’ai pas encore allumé l’eau, je passe trop de temps à essayer de le calmer. Il attrape un savon et veut me le montrer mais il est tellement excité qu’il ne contrôle rien. Un geste trop rapide, mal calculé. Le savon est dans mon oeil.

Je réagis sans réfléchir.

Je me reprends de suite. Mais une seconde trop tard.

La main est déjà partie. J’essaie de l’arrêter mais je l’entends claquer sur sa cuisse.

Je regrette déjà. Je me morfonds déjà. Je me déteste.

Je fonds en larmes, le serre très fort contre moi. Pardon, pardon mon coeur, j’aurais pas du, je suis désolée mon amour, je te demande pardon. Pardon, pardon mon coeur, je t’aime tant.

Il ne comprend pas et il pleure lui aussi. Il pleure de m’avoir fait mal à l’oeil. Non j’ai pas mal mon Bébé, non c’est rien c’est pas ta faute ne pleure pas.

Je me déteste. A cette seconde je suis tout ce que j’exècre.

Je suis la faiblesse et la facilité. Je suis l’autorité idiote, je suis la non-confiance. Je suis la trahison. Je suis le mépris de l’intelligence. Je suis le non-contrôle. Je suis la violence.

J’ai échoué.

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