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La pluie.

Hier il a plu. Longtemps. J’étais allongée et je regardais par la fenêtre. A vrai dire, par un tout petit coin de fenêtre plutôt, avec vue sur un grillage.
– « Il pleut ? » j’ai demandé
– « Oui, ça n’a pas arrêté. »
– « J’aime bien la pluie. »

C’est vrai ça. Il paraît que je suis née un jour de pluie.

Ce matin la pluie a cessé mais tout est encore trempé. Il fait encore nuit, je vais regarder le soleil se lever. Je me tenais déjà là il y a quelques mois. Je crois qu’à cette heure ci il faisait jour déjà, et déjà beau.

Je tourne la tête vers les petits bruits dans le berceau. Mon fils est né hier. Mon fils.
Il est si calme, tranquille, si beau.

Mon fils est né hier.

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Ma mère

Ma mère est une femme simple. Et extraordinaire. C’est ma maman.
Elle a grandi tiraillée entre des parents qui se déchirent, des grands parents manipulateurs et vampirisants, une mère toute puissante, autoritaire, froide.
Étouffée,  elle s’est enfuie chez son frère. Jeune adulte et fraîchement diplômée, elle a appris de la façon la plus brutale qui soit que l’homme qu’elle appelait Papa et qui était mort quelques années auparavant n’était pas son père. Son monde s’est écroulé et elle a payé le reste de sa vie d’être une bâtarde. Sa mère l’a rendue responsable de tous ses maux. Je n’ai jamais bien compris pourquoi elle avait tant fait souffrir sa fille qui était pourtant l’enfant de celui qu’elle a aimé en secret.

Quand elle a rencontré mon père, jeune étudiant en médecine, je crois qu’elle est assez vite tombée sous le charme. Cultivé, plein d’humour, il portait les cheveux longs et tentait d’échapper à l’emprise de ses parents.
Je suis née pendant les études de mon père, et deux après, mon frère est arrivé à son tour.

Devenu médecin, mon père a commencé à changer. Il est devenu un homme fier, imposant et charismatique. Très sociable, c’était le genre d’homme qu’on aime compter parmi ses relations. Ma mère a alors vécu dans son ombre. Parfaite compagnie en société, elle lui assurait une position de chef de famille.
Mais elle était malheureuse.

Je crois bien n’avoir aucun souvenir de mes parents heureux ensemble. J’ai des souvenirs de disputes, de cris, de larmes. Je me souviens de ma mère écrivant à longueur de temps sur tous les supports qu’elle trouvait, une enveloppe, une feuille qui traine, un vieil emballage. Elle conservait tout ça dans un tiroir et je savais, du haut de mes 8 ou 9 ans, que cet exutoire nécessaire était très douloureux.
Elle travaillait tellement, se donnait totalement aux autres. Elle accompagnait mon père en représentation, devait donner le change et faire l’illusion de la famille modèle. Je voyais peu mes parents à l’époque, souvent absents. Ma clé sur un cordon autour du cou et le micro-ondes pour manger.

Très vite j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Depuis toujours même je crois bien. Mon père, encouragé par l’aura qu’il exerçait et l’influence et les relations qu’il avait, trompait ma mère régulièrement. Personne n’était dupe, même pas moi qui, vers 7 ans, entendant la voiture de mon père quitter le parking tard le soir, prétextais une soif soudaine pour aller faire un câlin à ma mère qui cachait comme elle le pouvait ses yeux rouges.

Quelques temps après il a fini par la quitter et ma mère allait de plus en plus mal. Non seulement elle s’était effacée depuis plus de 15 ans pour cet homme, avait subi la honte et la tromperie, et elle devait en plus être celle qu’on abandonne.
J’ai commencé à avoir vraiment peur pour elle. Elle avait déjà fait des tentatives de suicides et je savais qu’elle recommencerait. Je me dépêchais de rentrer de l’école, je cherchais des prétextes pour aller la voir dans la salle de bains quand elle y restait trop longtemps, tétanisée à l’idée de la retrouver morte.

Pendant ce temps mon père avait refait sa vie avec le diable. Une femme méchante et manipulatrice qui ne se privait jamais de dire tout le mal qu’elle pensait de moi. Je ne voulais rien montrer à ma mère du calvaire que je vivais chez eux. Je ne voulais pas qu’elle se sente responsable et qu’elle en souffre. Alors je faisais comme si tout allait bien.

Mes parents se détestaient. Tout était source d’affrontement. D’affrontements violents. Coups, cris, menaces de mort.
La vie a suivi son cours comme ça jusqu’à ce qu’à 20 ans je quitte la maison de mon père. Je me suis sauvée. Les relations avec ma mère étaient très tendues. On était tout le temps en conflit et on ne pouvait pas rester plus d’une heure dans la même pièce sans se hurler dessus.

Et puis un jour elle a voulu me parler et m’a tout déballé. Les rapports avec sa propre mère, le mensonge familial sur l’identité de son vrai père, le divorce d’avec mon père, sa préférence pour mon frère et les relations compliquées entre elle et moi.
Ça a été très dur, mais dès ce jour on a été très proches. La parole l’a libérée et on a appris à s’aimer,  à s’écouter et à se comprendre.

Le miracle s’est produit quelques années après. Mon fils venait de naître, j’étais chez ma mère. Et là, sans prévenir, elle a proposé d’inviter mon père et sa nouvelle femme, une femme bien plus équilibrée que la précédente.

Depuis 5 ans maintenant mes parents ont cessé de s’entre-tuer. Ils peuvent se tenir dans la même pièce, se parler, se faire la bise, rire.

Grâce à ma maman.

Une dernière fois elle s’est effacée, s’est mise en retrait pour faire valoir les intérêts des autres, mon fils et moi en l’occurrence, avant les siens. J’imagine même pas à quel point ça a dû être difficile et douloureux pour elle. Mais elle l’a fait, et grâce à elle mes enfants peuvent profiter sereinement de leurs grands parents, tous ensemble.

Cette année on a tous fêté Noël chez nous. Et c’était bien.

Merci Maman. Tu es la plus grande Dame que je connaisse. Et je t’aime.

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Les jolies choses

Ça fait un millier de fois que je commence à écrire et que je sais pas comment tourner tout ça. Je suis pas là pour chouiner. Je veux pas ni geindre ni chercher la compassion. Je veux juste expliquer mon silence, partager ce que je vis, exorciser un peu tout ça, poser des mots dessus pour essayer peut-être de comprendre.

J’avais pas spécialement envie d’en parler mais tant que c’est en suspend je suis plus bonne à rien, peut-être qu’en lâchant un peu de lest ça dénouera des trucs.

Ah elle est belle la 10h17 maintenant ! Elle fait moins sa maligne et elle ouvre un peu moins sa grande gueule.

Pour dire la vérité, j’y arrive plus. A rien. A écrire, à parler, à rire, à proposer, à avoir envie, à communiquer, à réfléchir. A être.

Le burn out, ou en tout cas le craquage complet, j’en ai entendu parlé, comme beaucoup. Je me suis dit que j’étais fragile, je le savais, qu’il faudrait que je fasse attention, que je sois à l’écoute des signes. Et puis non, tout allait bien, même pas le début d’un petit baby blues, ça roulait. J’ai relâché la pression.

Et puis est arrivé le jour où j’ai vécu un truc heureux. Ou drôle, je sais plus, toujours est il que je me suis dit « tiens, j’ai passé une bonne journée aujourd’hui » et que j’ai réalisé que c’était un truc extraordinaire. Ce jour là j’en ai parlé, j’ai décidé d’aller voir une psy.

Je l’ai vue quelques fois et je sais pas si je vais continuer. J’ai pas franchement le sentiment d’avancer.

Il y a les nuits, vraiment très courtes, et hachurées. Cette fatigue incommensurable. Il y a les pleurs du bébé, toutes les nuits. Il y a les cris du plus grand, les bouderies, les disputes. Il y a l’homme qui rentre tard, très tard, une fois que tout ce petit monde est couché. Il entre dans une maison silencieuse, il trouve une pile de vaisselle, une montagne de linge, une femme en pyjama qui regarde des séries dans son lit en boulottant du chocolat. Il y a les problèmes d’argent, le désir qui s’émiette, les chats qui font le bordel, le loyer à payer, les remarques des parents, les provocations du grand, les galères de voiture, les kilos qui s’accumulent, la solitude.

Et puis il y a cette sensation. Le froid. Comme si tout le bon, le beau et le chaud avaient été aspirés par une force froide. Comme si on avait été vidé de toute notre essence, de toutes nos forces, de toute notre joie. Un jour on a le sentiment qu’on ne sera plus jamais heureux. On se dit que la vie ça sera ça désormais, avancer parmi les gens, parmi le monde, voir les événements glisser sur soi, ne plus rien ressentir. On se dit que c’est comme ça, qu’il faudra juste s’y habituer. C’est un sentiment vraiment bizarre, d’autant qu’il ne fait pas peur. C’est plutôt ressenti comme un état de fait.

Mais craquer c’est pas juste ça, la tristesse et la mélancolie. C’est aussi la violence. Maltraiter son corps, le déformer. C’est insulter son homme. Crier sur ses enfants. Dire à sa fille de 5 mois qu’elle commence à faire chier. Trouver des subterfuges pour faire partir les gens de chez soi. Ne plus supporter la moindre parole, le moindre bruit. Engueuler son fils qui ne fait qu’être un enfant, gigotant et chantonnant. C’est s’isoler. Fondre en larmes à la moindre contrariété.

On met un peu trop facilement tout dans des cases. Alors je sais pas exactement ce que je vis. Où s’arrête la déprime saisonnière et où commence la dépression ? Où s’arrête la fatigue de mère et où commence le burn out ? J’en sais rien. Je m’en cague un peu des noms et des étiquettes. Tout ce que je sais aujourd’hui c’est que c’est dur. Que je dois me forcer pour voir les jolies choses. Alors je m’arrête maintenant plus facilement sur le sourire de ma petite fille que sur ses réveils nocturnes. Je félicite mon grand pour sa maturité plutôt que de freiner ses élans d’explorateur-aventurier-conducteur de camion poubelle/panier à linge.

Il y a peu j’ai acheté le livre « Mère épuisée » de Stéphanie Allenou. J’ai pas encore osé le commencer. Il est là, sur ma table de chevet. L’avoir juste à côté sans l’ouvrir, c’est encore être un peu dans le déni. Reculer le moment où je me dirai « bon ok ma grande, là y’a un souci, prend le taureau par les cornes tout de suite ». J’ai peur de ce que j’y trouverai. Moi.

Je le commencerai sûrement ce soir.

Alors je m’excuse auprès de ceux que j’aime, parce que j’ai fui. Parce que mille fois j’ai commencé à leur écrire, pour leur expliquer, mais que j’ai capitulé. Parce que j’ai préféré les laisser dans le silence plutôt que de tout leur avouer. Non je m’en fous pas. Oui, vous êtes importants, tellement importants. Mais c’était trop dur de vous dire que je suis faible, que j’arrive à rien et que je me sens juste comme une merde alors que j’ai tout pour être heureuse. C’est ça au fond le pire, c’est qu’on se demande pourquoi on va si mal alors qu’on a tout. Et qu’on se dit qu’on a pas le droit de se plaindre. Si j’avais pas cet espace, j’aurais sûrement rien dit. Parce qu’ici j’ai pas forcément le sentiment de parler à quelqu’un d’autre que moi-même.

Aujourd’hui il fait beau. Je vais sortir et aller voir une amie que j’ai pas vue depuis longtemps. On emmène nos enfants au MacDo et au parc. Ça va être chouette.

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C’était l’été

C’était l’été. Dehors il faisait chaud. J’étais allongée sur mon lit et par la fenêtre ouverte j’entendais les sons du mois de juin, le vent dans les arbres, les oiseaux, les insectes.

J’étais étendue sur le côté, je somnolais. La main posée sur le ventre tout rempli de toi. Je te sentais bouger sous mes doigts, frapper contre le matelas. Je te parlais doucement.

Je regardais à côté de moi la place vide sur le lit.

Je fermais les yeux et je t’imaginais. Ce bébé que je ne connaissais pas encore.

Tu n’avais pas encore de nom et tu étais déjà tellement là. Je regardais émue cette place vide. Tu l’emplissais déjà. J’en pleurais de joie, d’impatience et d’amour.

J’avais un peu peur. Tu n’étais encore ni un « il », ni une « elle ». Tu étais juste toi et je t’aimais tellement déjà.

Aujourd’hui c’est l’automne.

Je suis étendue sur mon lit, je somnole.

Et à côté de moi, tu es là. Encore plus belle que tout ce que je pouvais imaginer. Tu es sur le dos, les yeux clos, les bras en l’air comme seuls les bébés savent le faire. Je regarde tes cils, tes yeux, ta peau de pêche et ta bouche si parfaite.

Je ferme les yeux, m’enfouis dans ton cou. Tes petits bruits de bébé ont remplacé les bruits de l’été.

Ma vie au rythme de ton souffle. Mon bébé.

 

 

 

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Mon coeur était gros.

J’étais impatiente. Un peu anxieuse, un peu pressée.

Un peu tendue.

Je le serrais très fort de peur qu’il ne m’échappe. De peur aussi, je crois, que quelque chose se passe, que je le voie différemment, que mon regard change, que mon cœur s’allège.

Je me noyais dans son cou et je le serrais encore plus fort.

Un peu anxieuse, un peu pressée.

Et puis elle est arrivée et j’ai laissé tout ça de côté. Je n’ai pas voulu trop m’attarder, trop réfléchir, analyser. Juste vivre.

42 jours plus tard je la regarde et je comprends.

Ce qu’on voulait me dire en disant « tu verras ».

Je vois.

Mon cœur est gros.

Il a doublé, quadruplé, décuplé.

Mon cœur est gros de tout ce eux.

De tout ce qu’ils sont, de ce qu’ils seront, de ce qu’ils étaient.

Mon cœur est plein de leurs yeux, de leur cou, de leurs bras.

De ses petits bruits quand elle dort, de son oreille qui se plie tout le temps, de la petite goutte de lait qui coule le long de sa joue quand elle a bien mangé.

De ses cheveux blonds à lui qui lui courent sur le front, de son zozotement que j’aime tant, de sa façon de manger le maïs, grain par grain.

Mon cœur est gros et je comprends. Ils prennent toute la place, ils débordent, ils m’emplissent.

Je les aime mes petits.

 

 

 

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On nous cache tout

Avant d’avoir des enfants, j’avais pas franchement pensé à la question de l’allaitement maternel ou pas. Quand je suis tombée enceinte de mon fils, j’ai voulu l’allaiter. J’ai acheté des bouquins, je me suis documenté, j’ai demandé des conseils, et je les ai écouté. Grossière erreur.

3 mois après la naissance de mon fils je foirais définitivement mon allaitement.

J’ai eu de grandes difficultés, des douleurs pas possible, des crevasses, et autres joyeusetés du genre.

Du coup, quand j’ai voulu avoir un autre enfant et que s’est de nouveau posée la question de l’allaitement, le point qui m’a de suite paru primordial a été de ne pas me mettre de pression, de « on verra bien », et de n’écouter que moi et mon enfant. Et puis surtout, de me dire que si ça marchait pas, et ben tant pis.

Ma fille (je vous en ai déjà parlé non ? *oui, ironie*) est née il y a 15 jours. Dès sa naissance je l’ai donc mise au sein. Et j’avais super peur. Super peur, parce qu’avec son frère, j’ai eu super mal.

Et là, rebelotte. De nouveau au bout de quelques heures, des douleurs, encore et encore. J’ai demandé à 10 000 sage-femmes au moins de m’aider, de venir vérifier la position au sein, de m’assister pour changer de position, etc… Elles m’ont aidées, mais j’avais toujours mal. Je pleurais, et je disais à la sage-femme « mais c’est dingue, on a l’impression que c’est super fastoche, mais c’est dur ! Et on le dit pas ! » Et elle m’a répondu « Mais Madame, si on le disait, personne voudrait allaiter ! »
Ah ok.

Et là j’avoue, je pige pas.

On parle souvent de l’accouchement, comme quoi il faut pas tout raconter sinon personne voudrait avoir d’enfants. Alors ok, on dit pas tout, mais globalement on sait qu’a priori ça va faire mal, qu’il y a de fortes chances pour que ce soit pas une partie de plaisir, et pourtant, on fait quand même des enfants.

Mais là, pour l’allaitement, clairement on dit rien. Clairement on nous fait croire que c’est un truc hyper merveilleux, un moment trop magique avec des étoiles qui clignotent, un rayon laser d’amour entre nos regards, un espèce d’échange de fluides de sentiments.

C’est pas tout à fait ça.

Déjà, on nous fait croire qu’on DOIT allaiter. C’est comme ça. C’est un devoir, une mission. Que si tu veux pas, tu pars déjà hyper mal dans ta vie de mère.

Ensuite, on nous montre des images magnifiques, avec un flou gaussien et une lueur diffuse façon pochette de vinyle des années 70.

En vrai, allaiter, ça fait mal. Tellement mal qu’on se demanderait presque si bébé aurait pas déjà des dents.

Alors bien sur, ça fait pas toujours mal. C’est comme les accouchements. C’est pas parce que la voisine du beau-frère de la boulangère a accouché en 30 mn, sans péri, et sans douleur, que c’est la règle. Des fois, ça se passe très bien. Mais globalement, ça fait mal.

Et puis c’est fatigant. Parce qu’un bébé au sein, on peut pas prévoir quand il va avoir faim. Alors des fois on fait que ça, pendant des heures.

Et j’ai tendance à me dire que ça serait sympa qu’on nous prévienne quand même. Alors ok, peut-être que certaines personnes feraient à ce moment-là le choix de ne pas allaiter. So what ? Est-ce que ces personnes là, quand elles se rendent compte de tout ce que ça représente, est-ce qu’elles n’abandonnent pas ? Ça revient donc exactement au même non ? Et est-ce que c’est vraiment une bonne idée d’inciter des femmes à allaiter si elles en ont pas vraiment envie ? Je crois qu’on sait tous que non. Je fais moi le choix d’allaiter mes enfants, mais c’est pas pour ça que je vais inciter les autres à prendre la même décision. C’est une question tellement intime et personnelle que je me permettrais pas d’avoir le moindre avis sur le choix fait par les autres femmes, couples, familles.

Plein de femmes, avec au départ une volonté de fer, finissent par laisser tomber, parce que c’est trop dur, trop douloureux, ou que simplement elles ne s’attendaient pas à ça.

Si dès le départ on était vraiment informées, si on savait que ça allait être difficile ça permettrait que chacune fasse un choix en ayant tous les paramètres. C’est un peu comme si on nous vendait des voitures, mais sans nous prévenir qu’il faudrait mettre de l’essence dedans régulièrement. Comment prendre une décision éclairée en ayant qu’une info partielle ?

J’en ai parlé avec quelques copines qui allaitent aussi. TOUTES ont été surprises de la difficulté de la chose. Et un bon tiers a laissé tomber, non sans se sentir super coupable et se remettre en question.

Est-ce qu’on ne vivrait pas les choses beaucoup plus simplement si on savait tout depuis le début ? Là, on fait croire à des femmes qu’elles n’y arrivent pas, et c’est absolument horrible. Certains femmes n’en ont pas envie, ou veulent que les choses soient simples, ou ont simplement d’autres projets. Pourquoi leur faire croire que l’échec vient d’elles, alors que c’est juste à cause du manque d’information ?

Si on leur disait ouvertement que ça va être difficile, que ça peut faire mal, que ça peut causer des petites plaies, que c’est vraiment fatigant, si on disait tout ça on éviterait de laisser de faux espoirs à certaines, et on préparait d’autres qui seraient alors beaucoup moins déstabilisées à la première crevasse.

Enfin moi en tout cas, je sais que maintenant je dirai tout.

 

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