Archives de Catégorie: Gonflée

Le temps ne fait rien à l’affaire

Et pourquoi on pourrait pas tout simplement profiter chacun de sa vie sans regarder tout le temps ce qu’il se passe dans la culotte du voisin ? Je comprend vraiment pas du tout ce besoin d’attaquer des gens, des groupes, au motif qu’ils font pas les choses comme nous, ou même qu’ils nous jugent, à partir du moment où de toutes façons c’est pas fait dans un esprit d’échange ou de partage mais simplement de pourrissage en bonne et due forme de celui d’en face.

Je parle de plein de trucs. De mon enculé de voisin qui se lève le matin en se demandant ce qu’il va bien pouvoir faire aujourd’hui pour nous pourrir la vie, plutôt que de simplement profiter d’une journée avec sa femme et sa fille. Mais aussi de ces groupes, qui s’entre balancent des horreurs à la gueule juste pour faire fermer leur bouche aux autres, évidemment sans aucun succès. Putain les mamans sans déconner arrêtez donc de vous prendre la tête pour des conneries !? Vous avez pas autre chose de mieux à foutre que de vous demander si c’est mieux de porter son môme en écharpe, en babysquetuveux ou avec une vielle nappe ? Mais bordel, ça intéresse qui de savoir qu’une meuf qu’on connait pas ose penser que les mères qui allaitent leurs enfants sont des vaches à lait ?! Sérieusement, ça change quoi à votre quotidien ? Est-ce que ça serait pas super plus simple de juste admettre que certains font pareil, d’autres complètement différemment, et que au fond, on s’en bat un peu l’oeil de savoir ce qu’il se passe chez Madame Duchmol ? Que si Madame Grossetruie pense que vous êtes malsaine avec votre enfant au sein à 18 mois, ou que Madame Unavissurtout pense que vous êtes franchement pas investie pour donner du lait artificiel au petit dernier, en quoi LEUR avis est plus important que le votre ? Si vous assumez vos choix, alors foutez vous en !

On perd un temps pas croyable en fait. Et une énergie dingue. Peut-être que je devient vieille, ou blasée, ou juste conne j’en sais rien, mais je trouve ça hyper dommage. J’ai commencé à péter des câbles à cause de mon trou du cul de voisin. A chercher à me venger, à le faire chier. Mais finalement, me venger de quoi ? Ya pas de vengeance à chercher, y’a pas d’honneur à défendre, d’affront à laver. Y’a juste à se poser une seconde et réaliser à quel point c’est triste en fait. Faut pas être sérieusement super malheureux dans sa vie pour avoir que ça à foutre ? Je parle pas de dire du mal gentiment du voisin, d’une nana croisée en boite la veille ou de la boulangère qui a une petite mine en ce moment. Mais de passer tout son putain de temps à rabâcher, relire, repenser, élaborer des plans et farfouiller dans la vie des gens.

Lâchez du lest. Arrêtez de vous sentir agressés par n’importe quel trouduc qui vous jugera pas assez bien pour lui. On les encule. Untel vous pourrit, juge votre façon de faire avec vos gamins, votre mec ou votre belle-mère ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre ?! La vie, la vraie, elle est pas là. Elle est pas dans le jugement, dans la haine ou dans la rancoeur. Elle est dans le fait de prendre un diabolo fraise en terrasse, de se dire que la clim c’est quand même une super chouette invention, de décider sur un coup de tête de se teindre en blonde, de rouler une grosse pelle à son homme en pleine rue et de rire des regards jaloux.

Ma vie mon gars, elle est pas dans le fait de chercher une quelconque vengeance à ta connerie. Continue de siffloter « tiens voilà du boudin » quand tu me croises, je m’en bats la rate. Ça me fait rire tellement c’est triste. Parce que pendant que tu essaies de te souvenir de l’air, moi je suis tranquillement en train de profiter des premiers pas de ma fille.

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Classé dans A l'instant, Gonflée, Personnellement moi je

Ôde au petit homme

Petit homme sans cheveux de l’appart à côté

que tu dois être triste ! que ta vie semble morte !

Tu passes tout ton temps à saccager le nôtre

dans l’espoir sans doute d’éclairer tes journées.

 

Petit homme sans cheveux, qui, tel le roquet,

crie plus fort qu’il ne mord et gonfle la poitrine

mais court se cacher, dès lors qu’il s’imagine

que derrière sa porte je puisse être cachée.

 

Petit homme sans cheveux, et, manifestement,

sans testicules non plus, au vu de la bravoure

dont tu fais preuve alors qu’il est à l’ordre du jour

de régler nos querelles plus intelligemment.

 

Petit homme sans cheveux, malgré tout je te souhaite

de trouver le repos, la sagesse ou la paix.

Vivre dans la rancoeur, l’aigreur, la méchanceté,

ne te mènera nulle part, tu y perdras la tête !

 

Oh ça tu vivras vieux, c’est sûr, c’est un fait,

la méchanceté conserve, mamie est morte centenaire

mais seule, petit homme, seule dans sa colère.

Epargne toi du mal, souris, sors, fais la fête !

 

Petit homme sans cheveux de l’appart à côté

au moins tu nous fais rire et nous conforte bien

dans l’image que nous avons du quotidien

où chaque jour est cadeau, chaque parole est bonté.

 

Petit homme sans cheveux assieds toi, fume un joint !

Ouvre un peu ton esprit ! Profite du beau temps !

Peut-être bien qu’alors tu trouveras le temps

de contempler le monde avant d’être trop loin.

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La colère

Je suis tellement en colère. Tellement, tellement en colère.

Je vois ce guignol en haut de sa grue et je bouillonne. Je l’écoute quand même parler, balbutier sa vérité fantasmée, tenter de tromper son monde encore une fois. J’allume la télé et je le vois présenté comme une victime, pauvre papa à qui la justice a retiré ses droits, pauvre homme privé de son enfant par son hystérique d’ex, il est un bon papa, tout le monde le dit, il refuse de se voir interdit de voir son fils, il veut montrer au monde que la justice est sexiste, que les droits des pères sont bafoués.

Cette histoire ne me plait pas, il y a quelque chose de pas net. Comment être crédible, quand on revendique sa capacité à être un bon père, en passant 3 jours en haut d’une grue, en refusant de se nourrir, en refusant le dialogue ?

Et puis une amie partage cet article qui pose très bien tout l’historique de l’affaire, et qui la décortique de façon éclairée.

Et là j’écoute de nouveau BFMTV et je vois de nouveau ce type en haut de sa grue. Je l’entends dire que son ex « n’a pas toutes les qualités requises pour être une bonne mère » et je fulmine.

Cette histoire me met dans une colère féroce.

On a d’abord cet homme qui a eu une décision de justice quant à la garde de son fils. Cette décision ne lui convient pas, il fait appel. Mais finalement il décide que non, ce n’est pas la peine d’attendre une nouvelle décision du tribunal. Il refuse de rendre son fils au terme de son droit de visite par deux fois. Soustraction d’enfant. Il perd alors son droit de visite. Et aujourd’hui il décide que cette décision ne lui convient pas ? Il refuse qu’on lui interdise de voir son gamin ? Mais ça mon gars fallait peut-être y penser plus tôt non ?

J’imagine bien les voleurs de voitures décider que non franchement, la prison ça leur convient pas ils supportent pas d’être loin de leur famille alors non, on décide qu’on veut plus être en prison, merci, bisous.

Je  ne comprend pas comment on peut tolérer qu’un gugusse vienne faire chanter la justice en se baladant en haut d’une grue.

Ce qui me met en colère, c’est l’hypocrisie de cet homme qui clame agir pour le bien des enfants. Qu’on me dise où se situe le respect de son fils quand il lui impose une telle violence ? Son enfant, qui va certainement à l’école, qui a certainement des voisins, des amis. Cet enfant à qui on doit demander depuis vendredi si c’est son papa à la télé. Cet enfant qui voit son père dans cette posture, qui entend peut-être son père parler de sa mère à la télévision. Son père, son papa, celui qui devrait le protéger du monde, celui-là même est en ce moment en train de le prendre en otage devant des milliers de personnes.

Je pense aux échos que cette affaire déclenchera et ça me fait peur. Des pères comme lui il y en a plein. Pas la majorité, fort heureusement. Je connais tellement de papas qui déplaceraient des montagnes pour leurs petits. Qui les protégeront coûte que coûte, qui se dresseront toujours entre le mauvais et eux. Ces papas-là, comment ils se sentent là ? Comment ils vivent d’être assimilés à ce bonhomme-là ? Eux qui ne veulent que le bonheur de leurs enfants, qui veulent être là.

Et puis il y a les autres. Ce qui s’identifieront à lui. Je pense au père de mon fils. Qui doit être en ce moment-même en train de chouiner et de se plaindre que lui aussi est un père bafoué, interdit de voir son enfant. J’ai les oreilles qui sifflent depuis des jours, je sais tout le mal qu’il est en train de dire de moi. Je sais qu’il se compare, qu’il clame à qui veut bien l’entendre que sa salope d’ex l’empêche de voir son fils.

Mais que jamais il ne dira qu’il n’a jamais pris la peine en 2 ans et demi de monter dans un train pour voir son fils. Qu’il se contente de l’appeler une fois par mois dans les meilleures périodes, plus souvent une fois tous les 2 ou 3 mois. Ce « papa » qui n’a jamais envoyé le moindre cadeau de Noël ou d’anniversaire. Qui ne s’est jamais préoccupé de son bien-être, de son confort, de sa santé, de sa vie.

Je suis en colère parce que ce connard dessert la cause des papas et renforce celle des géniteurs.

Je suis en colère parce qu’être un parent c’est pas ça.

Je suis en colère parce que tant de gens le prennent en pitié. Parce qu’on a beau dire, mais les mères qui quittent les pères passent encore tellement souvent pour des salopes. Parce qu’on se dit que tout est acquis pour elles. Que c’est toujours les femmes qui quittent, qu’elles ont toujours la garde des enfants.

Oui il arrive que de merveilleux pères ne voient pas assez leurs enfants, et c’est tragique. J’en sais quelque chose. Oui il faut se battre pour que les pères soient autant entendus que les mères.

Mais pas pour que les pères soient de fait des victimes. Toutes les femmes ne sont pas des salopes comme tous les pères ne sont pas de mauvais pères.

Mais, par pitié, arrêtons un peu de prendre tout ce qu’on nous balance sans chercher à creuser un peu derrière. Arrêtons d’infantiliser notre monde, arrêtons de céder au chantage. Faisons simplement notre travail, tous. Que les journalistes informent, sans parti pris, que la justice face respecter ses décisions, que les politiques s’occupent de politique.

Je coupe BFM, je mets un peu de musique. Je pense à mon fiston qui est à l’école. Je me demande ce qu’il se passe dans sa tête.

Quand je parle à ma fille, j’ai toujours du mal à dire « papa » devant lui. J’ai toujours peur que ça le rende triste. Un jour il me demandera certainement pourquoi il ne voit pas son père.

Je suis en colère.

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Pourquoi (encore une fois) jsuis pas d’accord

Si vous avez un ordinateur ou un smartphone, un accès à Internet, et que vous vivez pas dans une grotte, si en plus vous avez Facebook, vous avez forcément vu passer ce dessin du blogueur Jeromeuh.

Le-drame-Findus-jeromeuh

En préambule, je tiens à préciser que ce billet n’est absolument pas une critique du travail de Jérôme, que j’ai beaucoup suivi il y a plusieurs années mais complètement arrêté depuis, n’ayant vraiment vraiment plus autant de temps que je le voudrais à consacrer à la lecture de blogs, et qui m’a toujours fait rire, émue, et beaucoup amusée. Seulement, on a beau apprécier beaucoup de personnes, on est pas forcément d’accord avec tout ce qu’elles font ou disent.

Voilà donc pourquoi je ne suis pas du tout d’accord avec ce dessin, et pourquoi, surtout, je commence à me lasser de le voir relayé partout.

Ce qui me dérange dans ce dessin, c’est cette façon de dire que franchement, on est vraiment que des  horribles européens pourris gâtés, et qu’on a vraiment pas à se plaindre.

A mon avis, l’argument de la faim dans le monde dans ce débat est complètement à côté de la plaque et sans aucun rapport avec la problématique.

Le souci que pose cette crise, c’est qu’on nous a vendu quelque chose pour ce que ça n’était pas. C’est qu’après la crise de la vache folle on nous a sorti de la traçabilité à tout va, on nous a promis qu’on pouvait faire confiance, et finalement, on se fait quand même entuber. Si je décide que j’ai envie de manger de la courgette, me filez pas de la carotte.

Et ça n’est pas être capricieux que de crier au scandale. Je suis libre de manger ce que je veux, et j’ai la chance de vivre dans un pays où j’ai cette liberté, merci de la respecter.

Le débat n’est pas non plus « le cheval ça se mange ». Le problème aurait été le même si ça avait été de la volaille ou autres.

Personnellement je ne mange pas de cheval et je suis horrifiée à l’idée d’en avoir mangé malgré moi. Mais je suis encore plus horrifiée à l’idée qu’on m’ait menti sur la nature même de ce que j’ai acheté.

Et l’argument du « on a pas à se plaindre les autres n’ont rien », je le supporte pas. Pas plus que « finis ton assiette et pense aux petits enfants qui meurent de faim ». Je suis bien désolée, mais que je finisse mon assiette, que j’en laisse la moitié, que mon chien mange les restes ou que ça passe à la poubelle, les petits africains ils mourront quand même de faim. C’est triste, mais c’est pas en finissant son assiette ou en mangeant un truc qu’on a pas demandé qu’on va régler le problème de la faim dans le monde.

Et puis au-delà de ça, je ne comprends pas pourquoi on devrait ne pas se plaindre sous prétexte que d’autres vivent des situations pires que les nôtres. A ce compte-là, personne se plaint jamais, on dit amen à tout et personne ne se rebelle jamais.

J’ai pas à me plaindre du harcèlement de mon patron, au moins j’ai un travail.

J’ai pas à me plaindre de mon père qui ne s’intéresse pas à moi, certains enfants ont été abandonnés par le leur.

J’ai pas à me plaindre de mon mec qui me trompe, au moins le mien ne me bat pas.

J’ai pas à me plaindre de la fuite d’eau de mon appart pas résolue depuis 2 mois, d’autres vivent dans la rue.

Si on se met à tout comparer et à se dire qu’il existe toujours pire, alors on peut tout accepter. On tait ses souffrances et on fini par complètement se nier.

Oui, la faim dans le monde est un véritable scandale, évidemment. Mais comparons ce qui est comparable.

Et si on s’évertue à me vendre un produit quand j’en achète un autre, je continuerai de gueuler et de revendiquer mon droit à gueuler.

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Facebook, Hollande et les chatons

J’en ai assez de la médiocrité, de la facilité et de la petitesse, j’en peux plus de voir les gens faire étalage de pseudos convictions qui ne sont que bêtise colportée, et porter leur étroitesse d’esprit comme un étendard délavé et effiloché.

Ils se croient fins et drôles, ils se pensent réfléchis et spirituels, mais au final ils ne font que grossir le rang des abrutis qui se tapent dans le dos en s’amusant de leur prochain. Ils restent au milieu des leurs, riant de leurs rires gras au rythme de blagues racistes et misogynes, échangeant éternellement sur les arabes et les pédés, les assistés et les cas soc’, les gonzesses et les grévistes.

Ils sont passés maîtres dans l’art de critiquer, d’attaquer et de cracher sur leurs frères sans honte et sans remord. Il paraît que ça s’appelle être décomplexé. Décomplexé mon cul. Si au moins ils assumaient leur racisme et leur homophobie.

Mais aujourd’hui non, tout va bien. On peut dire que tous les humains ne se valent pas, ça pose pas de problème. Bah ouais. On descend carrément dans la rue pour dire à quel point on vaut mieux que les autres. « Je suis pas homophobe, mais… ».

Ils me font tous chier. Ils gueulent contre les débats autour du mariage pour tous « mais y’a pas plus urgent ?! il vaut pas mieux s’occuper des gens qui crèvent de faim ?! » Ah parce que concrètement vous faites quoi pour les gens qui crèvent de faim ? Non parce que défiler contre le mariage gay ça ok on les a vus. Mais ils étaient où tous ces connards pour aider les sdf au lieu de trouver qu’ils schlinguent ? pour leur filer 2 euros dans la rue au lieu de leur dire d’aller bosser ? Pour donner des conserves de cassoulet aux Restos du coeur au lieu de dire que ouais mais les dons on sait pas où ça va ? D’un coup quand il s’agit de trouver un combat plus important que l’égalité entre les humains les pauvres c’est plus des assistés encouragés par cette saloperie de politique sociale ? Ok, je note.

Et quand ils me collent sur Facebook leurs montages photos de merde avec des vannes pourries sur « Flanby » (ça s’écrit avec un « N » bande de crétins, quitte à avoir un humour de merde vous pourriez au moins soigner votre orthographe), ça me colle des grosses envies de tartes dans la gueule en pensant que la seule vraie fois de leur vie où ils se sont engagés pour une cause, c’était pour défendre, contre les méchants humains, le gentil toutou à sa mémère condamné à l’euthanasie pour avoir mordu la joue d’un enfant.

Parce que là par contre, pour se mobiliser pour les chatons ils sont là. Mais l’égalité des droits pour les humains par contre, faudrait voir à pas trop trop déconner non plus. On a quand même créé la SPA avant d’abolir l’esclavage. Classe, non ?

Y’a des jours où j’aimerais avoir le droit d’envoyer tout le monde se faire enculer. De laisser un commentaire sous leurs messages idiots faits de hihis et de lols. « Hey ma poule, que tu penses pas comme moi, c’est pas bien grave en soi. Mais que tu ne portes tes idées que par mimétisme, c’est juste crétin. Que tu ne comprennes même pas les conséquences de ce que tu relaies, c’est juste triste. Et que tu ne t’engages que pour des causes futiles, c’est juste lâche. »

Mais on peut pas. Ben non, parce que la famille, parce que les proches, Tata Jeannine qui va se vexer, et les voisins qui comprendraient pas.

Et puis parce qu’on me demanderait une fois encore si j’ai pas mes règles.

Bande de bouffons.

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Je suis le soleil

Oui, j’ai passé mon dimanche chez mes beaux-parents.

On avait tenu presque 3 ans, mais voilà, fallait bien que ça arrive, et dimanche on s’est pris la tête. En même temps, avoir une belle-fille (très) de gauche, féministe et un peu hippie sur les bords quand on est gendarme, en retraite et de droite (qui a dit « très » ?), c’était pas joué d’avance qu’on se la claque comme des vieux potes.

D’habitude je prends assez bien sur moi et j’ai eu le temps de mettre en place quelques techniques. Y’a le « je-me-mords-la-joue-très-très-fort » qui marche pas mal mais qui finit par être assez douloureux avec le temps, y’a le bon vieux « oh-tiens-c’est-l’heure-de-la-tétée » qui permet de se barrer dans le canapé pour grimacer et lever les yeux au ciel à volonté, et enfin le « tiens-mon-téléphone-vibre-mais-tellement-doucement-que-ya-que-moi-qui-l’ai-entendu-si-si-jt’assure-c’est-pas-une-balnave », mais il marche moeyn celui-là.

Bon des fois ça suffit pas, j’ai beau les essayer chacun leur tour, voire faire un combo des 3, quand on en vient à « non mais l’homosexualité je comprends pas et je vois vraiment pas l’intérêt qu’ils auraient à se marier »ou au magnifique « il s’est fait piquer ses sous par sa femme négresse bien fait pour lui elles sont toutes pareilles », là, bizarrement, je me transforme.

Dimanche, j’avais eu ma dose sur les homos/socialos/profiteurs/arabes et autres et j’ai tenté de manifester mon désaccord. Ils ont haussé le ton, j’ai haussé le ton, ils ont haussé le ton un peu plus, je me suis barrée. Pas loin hein, j’avais juste besoin de prendre un peu l’air. Qu’est-ce que j’avais pas fait là ! SCAN-DALE. Le beau-père qui gueule, la belle-mère qui pleure, moi qui gueule et qui pleure, et l’homme au milieu qui se demande ce qui se passe.

Ça aurait pu s’arrêter là, sauf qu’il a fallu que mon beau-père vienne me voir, prenne sa voix de gendarme et me dise qu’il fallait « pas réagir comme ça », et qu’il pensait que « c’est bon maintenant, je pense que t’es capable de te ressaisir », « faut apprendre à te maîtriser ». Comme j’ai fait langue de bois seconde langue je traduis : « c’est pas une fille qui va faire sa loi chez moi, t’as le droit d’avoir un avis mais t’as surtout le droit de le garder pour toi. »

Ambiance.

Ok, message reçu. J’ai obtempéré. J’ai enfilé mon habit de fille docile, fade et lisse et j’ai fini la journée avec le sentiment qu’un truc était définitivement brisé. Suite à ça, 3 jours de prises de tête. J’ai tout balancé à mon homme. Le fait que ça avait été la goutte d’eau, que j’en pouvais plus que son père parle de moi en disant « comment elle s’appelle déjà ? », que sa mère parle de moi à la 3ème personne en parlant à son fils alors que je suis à côté d’elle (« si elle veut encore du riz elle se resservira »), que je sois jamais présentée aux gens par mon prénom mais comme « la copine de… », que quand sa mère me pose une question, elle parle à quelqu’un d’autre pendant que je lui réponds, etc… FAUDRAIT VOIR A PAS TROP ME FAIRE CHIER NON PLUS.

Y’a un moment où je veux bien avoir de la patience, mais faut pas trop m’en demander non plus. Après presque 3 ans comme ça, ouais, un jour ça me gave.

Donc j’ai expliqué tout ça à mon homme qui a super bien réagi, qui a compris ce que je ressentais, qui m’a écoutée.

J’ai pas supporté la phrase de mon beau-père parce que sous des airs de « chacun a le droit de s’exprimer » il m’a demandé de me nier.

Ma grande gueule, mes convictions, ma passion, mon côté enflammé, barré et excessif, tout ça, c’est moi. Bâillonne-moi et je suis plus personne. On a le droit de pas être d’accord, de le crier et de le vivre au point que ça fasse mal, mais c’est pas pour ça qu’on peut pas être ensemble.

(et fuck j’arrive pas à intégrer cette vidéo)

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Classé dans Devenir soi, Gonflée

Ta gueule

Me dis pas comment penser

Me dis pas comment être

Me dis pas que jsuis pas une vraie fille parce que j’ai pas de vernis

Me dis pas que jdois maigrir, faire du sport, faire un effort

Me dis pas que je dois bouger, que l’immobilité m’entrave

Me dis pas que tu vaux mieux que moi parce que tu penses différemment

Me dis pas des mots que jcomprends pas juste pour me rabaisser

Me dis pas « tu devrais » ou « je serai toi »

Me dis pas à quel point tu aurais tellement mieux fait que moi, à quel point tu m’es tellement supérieur

M’étale pas ta science, ton éducation et ta culture, tu crèveras comme moi, à poil et sans public

Me regarde pas de haut, détaille pas mon apparence avec cet air de dégoût

Me juge pas sans me connaitre, d’ailleurs cherche même pas à me connaitre

Me fais pas la morale sur des choses qui te concernent pas

Me dis pas comment élever mes enfants, comment parler à ma mère

Me dis pas de pardonner

Me dis pas d’oublier

Me dis pas ce que toi tu ferais, parce que j’en ai rien à battre

Me dis pas que c’est pour mon bien, que je comprendrais plus tard

Occupe toi de toi, des tiens, de ta vie bien rangée, organisée, et si parfaite.

Et ferme ta gueule.

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