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Je suis le soleil

Oui, j’ai passé mon dimanche chez mes beaux-parents.

On avait tenu presque 3 ans, mais voilà, fallait bien que ça arrive, et dimanche on s’est pris la tête. En même temps, avoir une belle-fille (très) de gauche, féministe et un peu hippie sur les bords quand on est gendarme, en retraite et de droite (qui a dit « très » ?), c’était pas joué d’avance qu’on se la claque comme des vieux potes.

D’habitude je prends assez bien sur moi et j’ai eu le temps de mettre en place quelques techniques. Y’a le « je-me-mords-la-joue-très-très-fort » qui marche pas mal mais qui finit par être assez douloureux avec le temps, y’a le bon vieux « oh-tiens-c’est-l’heure-de-la-tétée » qui permet de se barrer dans le canapé pour grimacer et lever les yeux au ciel à volonté, et enfin le « tiens-mon-téléphone-vibre-mais-tellement-doucement-que-ya-que-moi-qui-l’ai-entendu-si-si-jt’assure-c’est-pas-une-balnave », mais il marche moeyn celui-là.

Bon des fois ça suffit pas, j’ai beau les essayer chacun leur tour, voire faire un combo des 3, quand on en vient à « non mais l’homosexualité je comprends pas et je vois vraiment pas l’intérêt qu’ils auraient à se marier »ou au magnifique « il s’est fait piquer ses sous par sa femme négresse bien fait pour lui elles sont toutes pareilles », là, bizarrement, je me transforme.

Dimanche, j’avais eu ma dose sur les homos/socialos/profiteurs/arabes et autres et j’ai tenté de manifester mon désaccord. Ils ont haussé le ton, j’ai haussé le ton, ils ont haussé le ton un peu plus, je me suis barrée. Pas loin hein, j’avais juste besoin de prendre un peu l’air. Qu’est-ce que j’avais pas fait là ! SCAN-DALE. Le beau-père qui gueule, la belle-mère qui pleure, moi qui gueule et qui pleure, et l’homme au milieu qui se demande ce qui se passe.

Ça aurait pu s’arrêter là, sauf qu’il a fallu que mon beau-père vienne me voir, prenne sa voix de gendarme et me dise qu’il fallait « pas réagir comme ça », et qu’il pensait que « c’est bon maintenant, je pense que t’es capable de te ressaisir », « faut apprendre à te maîtriser ». Comme j’ai fait langue de bois seconde langue je traduis : « c’est pas une fille qui va faire sa loi chez moi, t’as le droit d’avoir un avis mais t’as surtout le droit de le garder pour toi. »

Ambiance.

Ok, message reçu. J’ai obtempéré. J’ai enfilé mon habit de fille docile, fade et lisse et j’ai fini la journée avec le sentiment qu’un truc était définitivement brisé. Suite à ça, 3 jours de prises de tête. J’ai tout balancé à mon homme. Le fait que ça avait été la goutte d’eau, que j’en pouvais plus que son père parle de moi en disant « comment elle s’appelle déjà ? », que sa mère parle de moi à la 3ème personne en parlant à son fils alors que je suis à côté d’elle (« si elle veut encore du riz elle se resservira »), que je sois jamais présentée aux gens par mon prénom mais comme « la copine de… », que quand sa mère me pose une question, elle parle à quelqu’un d’autre pendant que je lui réponds, etc… FAUDRAIT VOIR A PAS TROP ME FAIRE CHIER NON PLUS.

Y’a un moment où je veux bien avoir de la patience, mais faut pas trop m’en demander non plus. Après presque 3 ans comme ça, ouais, un jour ça me gave.

Donc j’ai expliqué tout ça à mon homme qui a super bien réagi, qui a compris ce que je ressentais, qui m’a écoutée.

J’ai pas supporté la phrase de mon beau-père parce que sous des airs de « chacun a le droit de s’exprimer » il m’a demandé de me nier.

Ma grande gueule, mes convictions, ma passion, mon côté enflammé, barré et excessif, tout ça, c’est moi. Bâillonne-moi et je suis plus personne. On a le droit de pas être d’accord, de le crier et de le vivre au point que ça fasse mal, mais c’est pas pour ça qu’on peut pas être ensemble.

(et fuck j’arrive pas à intégrer cette vidéo)

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Classé dans Devenir soi, Gonflée

Ouvrir les yeux

Trop longtemps sans écrire, je me demandais pourquoi. Pas envie, pas le temps, rien qui vient ou pas comme je voudrais en tout cas.

Une embrouille à la con avec un vieux sur un parking, pour une histoire de place de stationnement que je lui aurais piqué. Il me lance 2-3 joyeusetés, je reste stoïque et digne, j’accompagne le petit à l’école. Je rentre chez moi et je me rend compte que plusieurs heures après je suis encore toute bouillonnante, en colère. Je couche ma fille et en lui souhaitant de beaux rêves je fonds en larmes.

Ca va pas. Faut que j’arrête de me mentir, ça va pas. Je crois bien que tout le monde le voit sauf moi. Je passe mes journées à gueuler après mon gamin, je supporte plus que mon mec me frôle, je lève les yeux au ciel quand ma mère me saoule. Je suis à cran.

Je suis chez moi, dans la salle de bain, devant le miroir. Cette fois je me vois. Je vois ma laideur, mon obésité, mon mauvais goût, mes mauvais choix. Je vois ce visage fermé, ces cernes qui s’allongent de jour en jour. Je vois la pince ridicule dans mes cheveux pas coiffés, mes fringues, le haut qui va pas du tout avec le bas, mon corps difforme qui tente désespérément de s’échapper de ces vêtements trop étroits.

J’ai mal à la gorge d’avoir crié trop fort, une fois de plus. J’ai mal au dos. Bon sang que j’ai mal au dos depuis des semaines et des semaines.

Je me regarde dans ce miroir terne, je me demande si c’est ça la vie, si c’est ça MA vie. Comment j’en suis arrivée à me détester au point de le faire payer aux autres.

Je veux pas être cette mère défoncée aux cachets. Pas cette mère au teint gris, qui fume beaucoup et qui pleure beaucoup trop, et qui finira un jour par balancer sa voiture contre un platane.

Je réalise que ça va pas quand les jours heureux deviennent exceptionnels.

Alors je prends mon téléphone dans une main et mon courage dans l’autre.

J’ai rendez-vous avec un psy.

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Ma Pêche

Ma Pêche,

Peut-être, je l’espère, la dernière nuit que nous passons toutes les deux dans cet hôpital. Tu es là, à côté de moi, endormie dans ton berceau. Tu as mangé un peu, pas beaucoup. Tu as 3 jours.
J’ai pas beaucoup dormi depuis 3 jours. Je vole quelques minutes par ci par là, je prends quelques gouttes de sommeil que je tente d’assembler comme je peux pour garder un semblant de conscience.
Je te prends dans mes bras et je me shoote à ton odeur. Je me laisse envahir par ce parfum si doux qui n’est qu’à toi, je caresse ta tête du bout des lèvres, emplissant mes poumons, caressant ta peau de pêche, si veloutée, si douce et si sucrée.
Ma Pêche.

Il y a 3 jours, je t’attendais. Je m’étais levée comme tous les matins. J’avais plutôt bien dormi, et je m’étais réveillée avec énormément d’énergie. J’ai voulu en profiter pour faire mille et mille choses avant ton arrivée. Je me suis assise sur le canapé, et d’un coup, je ne sais pas trop comment, j’ai été envahie d’une grande émotion. Je me suis dit « c’est aujourd’hui » et j’ai été émue aux larmes. Immédiatement après, la grande rationnelle que je suis s’est ravisée et je me suis demandé pourquoi et par quoi j’avais pu être autant émue. J’ai séché mes yeux et repris mes activités.
Vers 15h, une sensation étrange. C’est le moment.

J’éclate de rire et de joie. Je te parle et je te dis « on va se rencontrer mon bébé, c’est aujourd’hui ». Je téléphone à ton papa, à ta mamie qui doit récupérer ton frère à l’école.
Je préviens mes amies, ta marraine, tes grands-parents. La terre entière en fait ! Je suis tellement excitée ! Je rassemble quelques affaires, je prends une douche, je cherche des vêtements.
Ton papa arrive et on monte en voiture. On rit et on se prend en photo. Je commence à avoir mal. Le travail commence. C’est parti.

On arrive à la maternité, on pose un monitoring pour écouter ton cœur et surveiller que tu vas bien. Les contractions sont fortes et j’ai vraiment mal. Ton papa fait ce qu’il peut pour m’aider mais il est impuissant face à tous mes refus. Je ne veux pas qu’on me parle, pas qu’on me touche.
La douleur augmente toujours. Des vagues de douleurs montent en moi. J’essaie de repenser à mes cours de sophro. Comment c’était déjà ? Ne pas se laisser envahir, rester calme, souffler. À ce moment là, je suis le contraire de calme. Je tente de m’apaiser. Je cherche la position, le lieu, l’ambiance qui sera la moins inconfortable. D’abord debout, et puis assise, puis à terre, non à 4 pattes, encore debout et finalement assise sur le lit.
Je me laisse complètement happer par le lit, je laisse la douleur couler sur moi. Parfois je n’arrive pas à contrôler, je me laisse envahir, mais ensuite je me reprends. Je me fais l’effet d’être un océan. Lisse en surface, bouillonnant en profondeur.

À 19h15 la douleur est insoutenable. Je décide de demander la péridurale sans attendre plus longtemps. La sage-femme m’examine, il semble qu’il y en ait encore pour plusieurs heures et ça me décourage un peu. « Ok pour la péri, on va préparer ça, l’élève va vous poser une perf ». L’élève sage-femme, c’est Noémie. Elle est belle, très douce, elle sourit. Elle tente sans succès de trouver une veine. Elle fini par abandonner et retourne chercher sa responsable. Pendant ce temps, je lui dis que la douleur augmente encore, que j’ai envie de pousser et que je ne vais pas pouvoir me retenir. « Ah mais si il va falloir ».
Elles reviennent et m’examinent de nouveau. « Madame, ça va trop vite, on ne va pas avoir le temps de poser la péri votre bébé arrive ».
Je me décompose.
Pas une seule seconde je n’avais envisagé que ça puisse être possible. Pas de péridurale. Je me mets à pleurer, j’ai peur, mal, et je n’y arriverai jamais.
Noémie me regarde droit dans les yeux. « ça va aller, vous avez fait le plus dur, vous allez y arriver ».
Une nouvelle contraction arrive et cette fois il va falloir pousser. Mon bébé arrive et il faut que je l’aide.
La douleur augmente, les serres de la contraction encerclent mon ventre, tout mon corps et je concentre toute cette énergie. Noémie me fixe, me demande de la regarder, elle me guide. Je reste dans ses yeux, il n’y a plus qu’elle et moi. Je sens mon bébé. Je sais que je peux l’aider et que je dois l’aider.

Je suis animale. Je mets toute mon énergie et toute ma force. Je sens le corps de mon bébé, il descend, il arrive. Je sens sa tête arriver, et puis sortir. Mon enfant nait.
Son cou, son corps qui se retourne. Une épaule et une seconde immédiatement après. Je devine le corps qui suit et un instant après, mon enfant est là. Mon enfant est né. Il est 19h59.

Je le prends dans mes bras, je l’embrasse, je lui parle, je pleure. Je regarde mon homme qui pleure aussi, je lui dis que je l’aime, je caresse son visage et j’embrasse notre enfant.
Aurélie, la sage-femme, nous dit « alors, vous avez vu ? – vu quoi ? – c‘est une fille ou un garçon ? ». On avait même pas pensé à regarder. Je soulève mon enfant et tous ensemble, on la découvre.
Une fille.
Notre fille.
J’ai une fille, je me dis, j’ai une fille. Ma fille, mon bébé, je suis si heureuse de te rencontrer, je suis si heureuse.
On s’embrasse, on se serre et on reste ensuite là, tous les 3. On n’en peut plus de te contempler. Tu es si belle, si parfaite. Tu sens si bon.
Je garde ton corps chaud contre le mien, encore et encore. Tu étais déjà dans mon cœur et tu es sur mon cœur. Tu es dans ma vie et tu deviens ma vie.

Tu as la peau douce, veloutée, une vraie peau de pêche.
Tu es ma fille pour toute la vie, et je t’aime à l’infini.
Ma Pêche.

À Noémie et à Aurélie, les deux anges qui ont guidé la venue de ma fille.
Et à toi, ma fille, ma fée, ma pêche, Cléo, née le 3 juillet 2012.

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Ce matin

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Premier matin
De ma nouvelle vie.
Je n’ai presque pas dormi
Et pourtant je suis
Si bien.
Le soleil se lève sur toi
Ma fille.

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T’attendre

Je t’attends.

C’est long, c’est vrai. Vraiment très long. C’est parce que je m’impatiente. C’est parce que tu me manques d’avance.

J’en peux plus de t’attendre. Je veux te voir, te découvrir.

Je veux sentir ton petit corps grouillant de vie, rempli de chaleur, parfumé de cette odeur unique de bébé tout neuf.

Je veux voir tes yeux, ton nez, ta bouche.

Je veux entendre ta voix qui sonnera pour la première fois.

Je te veux tout gluant, tout fripé, tout criant et tout rouge. Je te veux tout entier.

Mon bientôt, mon demain, mon vivement.

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A l’intérieur

Depuis quelques semaines je fais une préparation à la naissance en sophrologie. Pour mon fils j’avais fait une préparation classique, cette fois-ci je voulais quelque chose de plus personnel, que je pourrais réutiliser. Et puis le principe de gestion du stress et d’apprendre à se relaxer, c’est plutôt le genre de trucs qui m’attirent et dont j’ai besoin depuis quelques temps.

J’ai fait quelques séances que j’ai adoré. Ma sage-femme est géniale, douce, à l’écoute. La semaine dernière on a fait un exercice qui consistait à essayer de se visualiser en dehors de son corps, et j’avais pas réussi. Pour tout vous avouer, je m’étais même un peu endormie.

Aujourd’hui, la séance devait nous permettre de se mettre à la place de notre bébé. Ressentir les choses comme lui pour mieux l’accompagner.

 

J’ai été très surprise, parce que ça a très bien fonctionné. Je me suis sentie être mon bébé. Je ressentais les contractions contre mon corps, les soubresauts causés par les parois qui m’enserraient, les mouvements de va et vient, mes cheveux voletant dans le liquide chaud et protecteur.

Je ressentais la chaleur, la douceur, les ombres et les lumières, les sons enfouis, un peu sourds, lointains. Je sentais les mouvements, les pressions, les caresses.

Et arrivé le moment de visualiser le bébé venant au monde. Le passage de la tête. La pression autour d’elle. Et puis la différence de température entre la tête et le reste du corps. La rotation, le passage d’une épaule, de l’autre.

A ce moment-là, je n’étais plus ce bébé qui grandit en moi. A ce moment-là, j’étais mon fils.

 

Mon fils. Mon tout-petit.

Mon tout-petit qui a eu tant et tant de mal à naître. Mon tout-petit que je n’ai pas su accompagner. Mon tout-petit qui a du se débrouiller tout seul avec un corps qui ne voulait pas le faire naître, et une mère qui ne savait pas quoi faire.

Mon tout-petit qui a été tant et tant fatigué. Tellement qu’il est né sans mouvement, à bout de force. A bout de souffle avant même de pouvoir respirer pour la première fois.

 

J’ai ressenti tout ça. Son long chemin à travers moi pour naître parce qu’on avait décidé pour lui qu’il devrait naître. Coûte que coûte.

Ce matin, j’ai vécu mon accouchement une seconde fois. Sa naissance difficile, son arrivée chaotique. Précipitée.

J’ai senti ce bébé qui descendait si lentement. J’ai senti que finalement, ça y est, il était là. J’ai entendu la sage-femme me demander de venir l’accueillir. J’ai senti mes bras se tendre. J’ai entendu les mots de la sage-femme, ses échanges rapides avec l’équipe.

Et puis mes bras tendus, son corps au-dessus de moi, ses yeux vides, sa bouche ouverte, son corps inerte.

 

L’exercice a été fini. La sage-femme nous a tirées de notre état doucement. On s’est réveillées, on a ouvert les yeux, on s’est étirées.

On se raconte comment ça s’est passé et je revis les choses dans l’ordre. Je raconte comme c’était bon de pouvoir me mettre à la place du bébé, comme je suis contente d’y être parvenue, d’avoir ressenti la vie in utero, les mouvements, les contractions.

Et puis je sens ma gorge se serrer et je raconte la suite. Comment j’ai tout revécu. Comment je n’ai pas accompagné mon fils. Comment je l’ai laissé se débrouiller tout seul.

Comment il est né tout seul.

 

Je fonds en larmes. « Allez-y, pleurez. Ne vous retenez pas. Les séances font aussi ressortir ce qui n’a pas été réglé, ce qui n’a pas été vécu jusqu’au bout. Pleurez. »

J’essuie mes yeux très vite, je ne veux pas montrer que je pleure. Je sèche mes larmes, ravale mes sanglots.

Je me sens tellement coupable.

J’ai peur. Peur que les choses se reproduisent. Peur de ne pas savoir accompagner mon bébé. Peur de le laisser tout seul, lui aussi.

 

Et puis je crois que j’ai aussi peur d’y arriver. Peur de n’avoir pas été capable pour un de mes enfants. Que mon premier ait essuyé les plâtres de mon inexpérience.

Peur dans tous les cas. De ne pas être à la hauteur. De ne pas être là pour lui, pour eux.

Peur, une fois encore, d’être faillible, et bancale.

Je veux être le tronc sur lequel ils s’appuieront. Je veux être le fort, le solide, le toujours debout.

 

La journée a été difficile, éprouvante. Tout ceci ne m’a pas quitté depuis ce matin. J’ai continué ma journée avec ses hauts, et ses autres bas. Je me suis dit qu’il faudrait que j’en parle.

J’ai pris un bain, tenté de calmer les contractions qui me barrent le ventre. Tenter de calmer les mouvements de cet enfant qui commence à être à l’étroit. Et puis au moment de me coucher, me retrouver seule avec mon angoisse et le souvenir trainant de cette expérience. Me dire qu’il faut que j’aille au bout, que je dois absolument clore ce chapitre pour pouvoir avancer, pour pouvoir passer à autre chose, à un autre enfant, à une autre naissance.

Régler ce qui doit être réglé, et le faire à temps.

Je compte sur la nuit et ses rêves pour m’aider à démêler encore un peu. Demain, travailler sur moi. Penser avec le recul d’une journée, remettre les choses à plat.

Et puis écrire à mon fils.

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Classé dans Avant, Devenir soi, Enceinte, Tourner des pages

Le monde t’attendra pas

Il a autre chose à foutre le monde, qu’est-ce que tu crois ? Tu crois que la vie s’arrête parce que t’es pas là ? Tu crois que les autres continuent pas à vivre, à respirer, à s’aimer, à bouffer et à baiser ?

Le monde t’attendra pas parce que toi t’as besoin de te retourner. Il t’attendra pas le temps que t’aies fini de te poser des questions, le temps que t’aies fini de réfléchir et d’analyser les heures qui te servent de journée. Le monde il t’a pas attendu, et il s’en est très bien porté. Alors il va continuer son chemin le monde, si tu veux en être, très bien, mais faut que tu suives ma caille, faut que tu suives et faut que t’aies sacrément du souffle si tu veux pas te laisser distancer. Le train s’arrête pas pour les trainards, il perd pas de temps pour les étourdis, les distraits et les curieux. Il est fait pour ceux qui avancent, qui ont pas peur de courir, qui ont pas peur de transpirer.

Mais ce qu’il y a de cool dans tout ça tu vois, c’est que t’es pas obligé. T’es pas obligé de faire comme les autres, t’es pas obligé de suivre la cadence ou de monter dans ce foutu train. Personne t’attendra. Mais personne t’accompagnera non plus. Alors si t’as pas envie de courir, cours pas.

Si t’as juste envie de te poser là et de rien foutre, de réfléchir à des trucs sans importance, de t’endormir à l’ombre et d’écouter un peu de son, ça te regarde. Ça, ça dérange que ceux qui peuvent pas le faire. Parce qu’ils osent pas, parce que ça se fait pas, ou parce qu’ils pensent avoir un devoir quelconque à accomplir. Toi tu sais que le seul devoir que t’as c’est de faire ton temps ici, de l’occuper au mieux parce que notre temps nous est compté à tous. Chacun décide de le passer comme il veut.

Et si moi j’ai envie de rien faire d’autre de la journée que de me regarder le nombril et la vie qui démarre en dessous, alors ok, ma vie c’est ça. Et j’en fait une fête, et j’en fait une victoire.

Parce que ce qui compte au-dessus de tout, c’est d’être en accord avec soi, d’être bien et de se dépêcher de faire tout ce en quoi on croit avant qu’il soit trop tard.

Alors je remets un peu de son, j’ouvre la fenêtre, et je décide de laisser un peu le monde passer.

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Classé dans A l'instant, Devenir soi, Personnellement moi je